Cher Antoine de Saint Exupéry,
Je demande pardon aux grandes personnes d'avoir écrit cette lettre. J'ai une excuse sérieuse : je ne veux plus voir avec les mêmes yeux que les votre. Pardonnez moi monsieur l'aviateur de reprendre également ces quelques mots qui composent les premières phrases de votre dédicace. Toutes les grandes personnes on d'abord été des enfants. Mais peu d'entre elles s'en souviennent. Je dédicacerai moi-même cette lettre...
A Mon Petit Prince
Pour qu'il garde ces yeux d'enfants
J'ai relu aujourd'hui l'histoire de votre Petit Prince. Je voulais absolument comprendre pourquoi je n'avais pas aimé ce bonhomme à la tête blonde lorsque j'étais petit, et pourquoi tant de grandes personnes semblaient l'aimer, et parler de lui avec un sourire, que-est-ce qui fait que l'on change ainsi?
J'ai lu les premières pages avec admiration, je me suis tellement retrouvé derrière ces dessins que les grandes personnes ne comprenaient pas, derrière ces rêves que ces personnes "sérieuses", s'amuse à détruire, car elles ne peuvent plus rêver.
Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules, et c'est fatigant, pour les enfants, de toujours et toujours leur donner des explications.
J'ai peu à peu compris la petite vie mélancolique de votre Petit Prince. Les enfants ne voient pas toute "sa" beauté car ils sont si semblables à celui que vous décrivez. Les enfants ne rêvent pas en voyant quelqu'un qui leur ressemble, et ne comprennent pas pourquoi les grandes personnes s'y accrochent. J'ai compris alors que seule une grande personne pouvait vraiment comprendre le "Petit Prince", et j'ai vu avec stupeur que je le comprenais parfaitement. Mais je ne veux pas voir avec les yeux des grandes personnes me suis-je hurler à moi-même. Je veux voir des moutons derrière le dessin d'une petite boîte, je veux parler aux fleurs et rêver des étoiles qui font un bruit de grelots.
Mais oui, je t'aime, lui dit la fleur. Tu n'en as rien su, par ma faute. Cela n'a aucune importance. Mais tu as été aussi sot que moi. Tâche d'être heureux...
Encore déçu de m'apercevoir que j'avais perdu ces yeux enfantins que je croyais posséder et que je chérissais temps, je me remis à la lecture et arriva rapidement à l'arrivé du Petit Prince sur la Terre. Je ne compris que plus tard qui était ce serpent rencontré dans le désert, et encore maintenant je ne suis pas sur d'avoir la réponse. Je lu avec plaisir l'histoire du renard, j'ai presque envie de la réécrire ici, mais vous qui êtes l'auteur devez certainement le connaître mieux que moi. Je souhaite néanmoins réécrire ce passage pour vous laissez comprendre la suite.
"Ainsi le Petit Prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche :
- Ah ! dit le renard... Je pleurerai
- C'est ta faute, dit le Petit Prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise...
- Bien sûr, dit le renard.
- Mais tu vas pleurer ! dit le Petit Prince.
- Bien sûr, dit le renard.
- Alors tu n'y gagnes rien !
- J'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.
Chaque pages que j'ai tourné relatant le voyage du Petit Prince à travers sa planète des rèves, mes yeux s'humidifiaient un peu plus jusqu'à ce qu'elles coulent sur mes joues au moment de cet adieu, et cela jusqu'à la fin. Mais pourquoi pleurais-je et étais-je autant ému, c'est ça être une grande personne ? C'est s'apercevoir que les yeux des enfants voient les choses essentielles, et qu'on les oublies en nous grandissant le c½ur. J'ai compris pourquoi les grandes personnes aimaient tant le Petit Prince, tout simplement car elle retrouve le Petit Prince innocent qu'elles avaient été. Mais j'ai compris que je n'étais pas comme ça, et que je n'aurais jamais les yeux des grandes personnes, que je continuerais a rêver comme un enfant, et que je verrais les choses qui sont invisibles aux yeux, comme le font les enfants. Alors pourquoi étais-je si ému ?
Comme le Petit Prince s'endormait, je le pris dans mes bras, et me remis en route. J'étais ému. Il me semblait porter un trésor fragile. Il me semblait même qu'il n'y eût rien de plus fragile sur la Terre. Je regardais, à la lumière de la lune, ce front pâle, ces yeux clos, ces mèches de cheveux qui tremblaient au vent, et je me disais : "Ce que je vois là n'est qu'une écorce. Le plus important est invisible..."
Nous sommes tous, un aviateur en panne, un jour ou l'autre. J'ai compris que ce livre m'avait fait pleurer car je me suis retrouver aussi dans un désert, et que la ou je ne l'attendais plus, j'ai découvert un Petit Prince. Comme le votre, le mien m'a beaucoup appris, comme le votre, le mien m'a apprivoisé, comme le votre le mien m'a montré qu'on ne voyait bien qu'avec le c½ur, l'essentiel est invisible à nos yeux. Vous finissez votre histoire en disant ces quelques mots "Alors soyez gentils ! Ne me laissez pas tellement triste : écrivez moi vite qu'il est revenu... Alors je vous écrit monsieur l'aviateur, mon Petit Prince est la, et bien la, et le mien ne me quittera jamais. Et même si nous ne nous voyons pas toujours, ce n'est pas important, après tout, l'essentiel est invisible à nos yeux. Même si on pleure un peu. Mais....
On risque de pleurer un peu si l'on s'est laissé apprivoiser...